mercredi 14 janvier 2009

Mangeons gras avec nos 18 doigts

Dernier volet baroque du retour au siècle des Lumières : aujourd'hui, la gastronomie en voit de toutes les couleurs avec l'anecdote foraine du freak "Glouton". Aiguisez vos quenottes, au XVIIIème, la viande est hardgore.

mercredi 7 janvier 2009

Incroyables et merveilleuses : hipsters version 18.0

En ce frisquet janvier 2009, remontons de nouveau au temps où le refroidissement climatique ne faisait pas encore rage, au XVIIIe siècle. A cette époque, les têtes étaient chaudes à Paris, et maintenaient les perruques à température estivale. Surtout après le 9 Thermidor. Interrogeons-nous donc : à quel degré une réaction thermidorienne peut-elle surpasser une réaction thermique ?


Il faut pencher notre tête, correctement juchée sur le bon bout de notre colonne vertébrale, sur les phénomènes de mode qu'engendra la Révolution Française.

Les Incroyables et Merveilleuses, ces hipsters du XVIIIe, avaient inventé un nouveau langage. Plus slalomant que le slam, plus alambiqué que le verlan, la langue incroyable se signalait par l'absence de "r" dans les mots :
La "Révolution" leur avait "fait tant de mal", que les incroyables refusaient d'en prononcer la première lettre : si on leur racontait quelque chose qui les étonnait, ils s’écriaient : "Ma pa’ole d’honneu’ ! C’est inc’oyable !"
Quant aux pantys de ces élégants, rien à envier aux slim slacks d'American Apparel. Le style, c'était d'avoir l'air mal fichu : "gen'e, t'op la classe ton f'oc de t'ave's !"
Des redingotes très courtes, un habit à grand collet, faisant une gibbosité sur le dos, comme s’ils eussent été bossus, une gigantesque cravate semblant cacher un goitre ou des écrouelles, des culottes de velours ou de nankin noir ou vert mal ajustées et faisant paraître leurs genoux cagneux, des bas chinés, tire-bouchonnés sur la jambe, comme s’ils avaient été dépourvus de mollets. En grande toilette, l’Incroyable remplaçait sa redingote courte par un habit à taille carrée et à grands revers, un chapeau claque d’une dimension énorme se glissait sous son bras, et ses souliers pointus rappelaient les chaussures à la poulaine du Moyen Âge.


Aux oreilles, d’immenses anneaux, et sur le nez... d’énormes lunettes (ou bien parfois, un énorme binocle à long manche). Le sexy de la myopie à travers les âges fera d'ailleurs peut-être un jour l'objet d'un autre post.

En termes de coiffure, les cheveux abattus le long des tempes étaient de rigueur. Où l'on découvre que Julien Doré n'est pas l'inventeur de la coupe "oreilles de chien". Parfois, un peigne d’écaille relevait la tignasse derrière la tête, de manière à figurer un chignon et à rappeler la toilette des condamnés à mort. Car ces jeunes gens, réaction thermidorienne oblige, avaient le goût du macabre. Les plus esthètes se coupaient même les tiffes avec un rasoir et non des ciseaux, jugés trop vulgaires.

C'est ici qu'entre dans la ronde les premiers signes de branchouille parisienne sur terre. Yeah ! Pour qui les beaux atours, sinon pour les jeunes déjantés des "Bals des Victimes" ? Les participants, triés sur la guillotine, devaient pouvoir prouver avoir perdu un proche sur l’échafaud. Souvent vêtus d'habits de deuil, ils se déhanchaient à mort pour mieux danser sur les tombes de grand papa ou grand maman.

Les invités devaient saluer d’un mouvement sec de la tête à la manière des condamnés qui placent leur tête dans la guillotine. Les jeunes gens et jeunes filles se faisaient couper les cheveux ras la nuque comme l’avait institué la toilette des condamnés ("coiffure à la victime"). Ce fut aussi la mode des schalls rouge en souvenir du schall de Charlotte Corday lors de son exécution. Comble du bon goût, le fin ruban rouge “à la victime” autour du cou évoquait les corps décapités.





















Plus d'images d'incroyables ici



Que dire de l'héritage des muscadiens et autres merveilleuses déculottées ? Faut-il aller aujourd'hui le chercher chez les gothiques ou chez les emos ? ... ou bien chez les harajuku de Tokyo Décadance ? À en croire les lazers à baïonettes du monde de la night, l'amour de la mort continue de réjouir les adulescents.

Alors, pour en finir, un seul mot d'ordre : Mort aux jeunes !!!







dimanche 4 janvier 2009

ma version en dix huit lignes de ces 18ème minutes

Une jeune sylphide se réveille à l'aube avec un air lancinant de Jacques Demy dans la tête.
Encore sous le choc d'un rêve de grenouille volante, elle s'enfouit dans les barreaux du lit pour mieux vaincre la transition "nuit-jour". Tourmentée par ce songe, et très influencée par les théories psychanalytiques tendance Yungienne, elle se dit le plus effrayant dans tout ce magma d'images animées n'est peut être pas le batracien planant, mais l'ombre qui entourait les pas de l'homme inconnu.

Remise de ses premières émotions, Barbara, parce qu'elle s'appelle Barbara, oui, comme la chanteuse pourrait-elle même répondre, narquoise, si cette histoire lui permettait de prononcer quelques mots, Barbara, donc, retrouve sa Grand mère à l'aéroport. L'espiègle jeune femme sort d'un Yellow Cab et vois immédiatement "Mamie Juliette" surgir par les portes coulissantes! Elle qui pensait pouvoir se fumer une petite clope avant la confrontation, c'est loupé! Elle accueille néanmoins la septuagnéaire de bonne grâce, et parviens même à esquisser un grand sourire empreint de magnanimité.

"Mamie Juliette" annonce avoir hâte de retrouver "Oncle Grégoire" alias Gringoire. La Famille, avec un F majuscule, de Barbara, en plus d'infliger des noms assez assomants de génération en génération transmet également cette espèce de pathologie du surnom! Grégoire globule des yeux et en a toujours éprouvé un certain complexe, qu'il a tenté de surmonter en devenant particulièrement mondain et surtout dandyesque! Tellement dandy que ses soirées aux appelations burlesques se terminent à des heures indues, genre là il était au moins 4h du mat sans compter les secondes. Barbara s'était même fait faire des extensions brushinguées pour l'occasion, et affichait une frange des plus renversantes!

Oui, bon, presque 18 lignes! Il faut savoir se libérer des contraintes!

jeudi 1 janvier 2009

capture à la dix huitième minute!









Une jeune femme se réveille?
Une grenouille volante?
Naomi Watts tout sourire avec une vieille dame à cheveux blanc?
Une cigarette fumée par un Steve Buscemi aux yeux exhorbités?
Une horloge?
Winona Ryder encadrée, les cheveux blond roux et très teen spirit américaine?

Voilà les mystérieuses 1/24 images d'une minute de film!
Je propose que chacun se recrée un film au scénario rocambolesque auquel associer cette série d'images!

En attendant, Mirlaine, je te mets au défi de retrouver les titres. Y en 3 assez voire très évidentes et 3 plutôt corsées, voire introuvables si tu n'as jamais vu les films!!!!
hehehehe, j'ai hâte de lire tes commentaires.

Page 18 en 2009


I shall have to write an introduction for him as well, if only to give a preliminary explanation of one very strange point- namely, that I must present my future hero to the reader, from the very first scene of his novel, dressed in the cassock of a novice. Yes, at that time he had been living for a year in our monastery, and it seemed he was preparing to shut himsekf up in it for the rest of his life.



A very long time went by before the girl came back with a coke in her hand.
The heat was getting to me. Sitting in the sun, I felt my brain fogging over. The last thing I wanted to was think.
"Tell me", she said, picking up her earlier conversation. "If you were in love with a girl and she turned out to have six fingers, what would you do?"


Le jeune couple habitait rue Raynouard, deux étages d'une maison avec une terrasse. L'été ils étaient dans leur maison de Biarritz, comme vous l'aurait appris le Bottin. Edmond siégeait de temps en temps dans un conseil d'administration. Il y représentait sa femme et sa belle-mère. Il était du golfe de La Boulie. Il prenait tout cela un peu comme une blague. Très drôle quand il en parlait. Il ne croyait pas à ces opérations magiques d'où pourtant sortait sa fortune.

La vie, dans la constance de son processus de formation et de destruction, ne me semble pour l'oeil humain pouvoir être concrètement mieux enclose qu'entre les haies de mésanges bleues de l'aragonite et le pont de trésors de la "grande barrière" australienne.


Le censeur respira. Dargelos allait sortir. Il se ravisa et on pensa qu'il marchait vers le malade. Arrivé en face du comptoir où les concierges vendent des porte-plume, de l'encre, des sucreries, il hésita, tira des sous de sa poche, les posa sur rebord et prit en échange un de ces rouleaux de réglisse qui ressemblent à des lacets de bottine et que sucent les collégiens. Ensuite, il traversa la loge, porta la main à sa tempe dans une sorte de salut militaire et disparut.